La mauvaise mémoire de François Hollande

Posté par vmozo4328 le 1 février 2016

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Le président français François Hollande vient de recevoir,  le 1er février, le président cubain. Ainsi, le général Raúl Castro aura eu droit à tous les honneurs dus à un chef d’État, tapis rouge et garde républicaine y compris. Bref, le président cubain est venu au berceau des droits de l’Homme dont la devise est : liberté, égalité, fraternité. Enfin, rien de surprenant,  puisque c’est devenu une habitude, pour les grands de ce monde, de recevoir en grand pompe des dictateurs et autres « élus » de douteuse réputation au chapitre  des droits humains.

Et pourtant, M. Hollande, alors qu’il était premier secrétaire du Parti socialiste, publiait en 2003 dans le Nouvel Observateur un article d’une page intitulé « La belle révolution a tourné au cauchemar. Dire la vérité ». Et on y peut lire : « Le silence des amis de Cuba serait une forme de complicité à l’égard d’un système que nous dénoncerions partout ailleurs. Aussi faut-il, de la même manière et avec la même force, soutenir le peuple cubain jusqu’au bout et dire la vérité sur l’inhumanité de l’embargo comme sur le régime cubain. Les deux sont injustifiables. Au nom même des idéaux de la gauche et au nom de notre attachement et de notre solidarité à l’égard de la révolution cubaine, nous devons exiger la libération de tous les prisonniers politiques et l’abolition de la censure. »

Et il finit son article en ajoutant : « Rien ne peut excuser les dérives du régime castriste. Ni la figure emblématique de Fidel Castro ni la persistance scandaleuse de la pression américaine, ni le symbole de la lutte pour la libération nationale. Il faut donc soutenir le peuple cubain jusqu’au bout et dire la vérité sur l’inhumanité de l’embargo comme sur le régime de Cuba. Les deux sont injustifiables. »

À Cuba, rien n’a changé, mais les hommes d’État oublient vite ce qu’ils ont écrit et ils s’empressent de serrer des mains, les unes plus sales que les autres, peu importe si elles sont de droite ou de gauche. Pour la France et son président François Hollande, Cuba devient presque prioritaire, car il s’agit de damner le pion aux Américains au moment de faire des affaires. Alors, les droits humains et toutes ces autres « balivernes » deviennent superflus. Que la police tabasse et emprisonne quelqu’un parce qu’il pense différemment devient superflu aussi. Les politiciens ont la mauvaise habitude d’oublier et nous, de leur pardonner leurs oublis.

Raúl Castro, le général-président cubain, sera reçu dans l’Hexagone en oubliant que lui et son clan règnent sur l’île de Cuba depuis 57 ans. En oubliant également que les Cubains continuent à fuir cette île par milliers. En oubliant enfin que les promesses faites par le général-président à son arrivée au pouvoir d’améliorer le sort de son peuple sont restées lettre morte.

Les Cubains de l’île gagneront très peu suite aux accords signés et aux belles phrases prononcées en France. La nomenklatura cubaine en sortira grandie une fois de plus. Tony Castro, le fils de Fidel, par exemple, pourra continuer de mener sa vie de luxe et la vieille garde militaire de dormir sur ses deux oreilles, car leur avenir à tous deux est assuré. Les Cubains, eux, continueront de rêver que la vie est meilleure ailleurs, car cette dictature appelée « révolution » ne les intéresse plus.

« Verba volant, scripta manent. Les paroles s’envolent, les écrits restent », me disais-je en pensant à ce qu’avait écrit François Hollande en 2003. À cette devise française de liberté, égalité, fraternité, je préfère cette citation : « Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » Ainsi va la vie.

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LE SOCIALISME DU XXIe SIÈCLE. CETTE INVENTION D’HUGO CHÁVEZ

Posté par vmozo4328 le 25 janvier 2016

Voici deux citations, une d’un ex-ministre de l’économie et une autre d’un ex-ministre de l’éducation sous Hugo Chávez.

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M. Jorge Giordani, ex-ministre de l’économie : « Cette révolution [la révolution de Chávez] veut opérer un changement de culture dans le pays, changer la façon de penser et de vivre des gens, et seul le pouvoir permet cela. Il faut donc rester au pouvoir si nous voulons changer les choses.  Notre base politique, ce sont les pauvres. C’est eux qui votent pour nous. D’où le discours à leur défense. Nous avons donc besoin que les pauvres demeurent pauvres jusqu’à ce que nous ayons réussi la transformation culturelle. Ensuite, nous pourrons parler d’une économie qui se transmettra d’une génération à l’autre et de distribution de la richesse. Entre-temps, il faut faire en sorte qu’ils restent pauvres et vivent d’espérance. »

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M. Héctor Rodríguez, auparavant ministre de l’éducation et maintenant porte-parole du gouvernement, parle ainsi des pauvres : « Nous allons les maintenir dans la pauvreté pour qu’ils ne deviennent pas des petits bourgeois. »

C’est comme ça que fonctionne le populisme : le pauvre doit rester pauvre et ceux et celles qui les gouvernent, de plus en plus riches. Tirez vos propres conclusions, chers lecteurs et lectrices. Ça vaut la peine de s’arrêter sur ces citations et d’y réfléchir quelques instants.

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Ma réponse à un article sur le Venezuela

Posté par vmozo4328 le 18 janvier 2016

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Le 8 décembre 2015, le journaliste attitré à la chronique internationale du journal québécois Le Devoir, monsieur Guy Taillefer, publiait l’article intitulé « Promesse d’impasse ».  Après avoir lu ledit article, j’ai envoyé une lettre que je veux maintenant partager avec vous. Je vous prierais de lire attentivement son article et ma lettre. Évidemment, ma lettre n’a pas été publiée, mais après en avoir pris connaissance, monsieur Taillefer a tenu à m’écrire, ce qui a donné lieu à quelques échanges, disons, bien sentis. Finalement, je l’ai invité à parler du sujet en question autour d’une tasse de café, ce à quoi il m’a répondu « pourquoi pas ? ». Donc, j’attends son invitation, ça va de soi. Cela dit, vos  commentaires seront très appréciés. Merci et bonne lecture.

Décidément, M. Guy Taillefer démontre, dans sa chronique du mardi 8 décembre intitulée « Promesse d’impasse » et écrite à la suite des élections parlementaires au Venezuela, qu’il n’a rien compris à la problématique vénézuélienne. Il écrit que « c’est la profonde crise économique que traverse le pays qui est à l’origine de la crucifixion  du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela). Criminalité chronique, corruption… » et un long et cætera. M. Taillefer devrait aussi mentionner que la crise avait commencé avec l’arrivée d’Hugo Chávez en 1998. Si ça va mal dans ce pays, c’est à cause de cet homme qui a voulu imiter en tout point un autre illuminé appelé Fidel Castro. Il suffit de lire les statistiques pour savoir que tout allait de mal en pis depuis son arrivée au pouvoir : confiscations sans limites, chute de la production et, par ricochet, des exportations, et j’en passe. Quand Chávez est décédé, le pays était déjà en crise. À force de vouloir tout contrôler et de donner des ordres comme dans une caserne, tout s’est mis à dégringoler.

À la fin de sa chronique, M. Taillefer parle de la MUD, ce grand mouvement d’opposition, comme « d’une coalition dont font partie des revanchards appartenant à l’oligarchie ». Allons donc, après 17 ans de gouvernement chaviste, certains groupes populaires seraient devenus des oligarques en puissance ? Vous reprenez les paroles du président Maduro, probablement le président le plus inepte de la planète, qui parle de contre-révolution. Et  à propos de dialogue, s’il y en a un qui a toujours refusé le dialogue, c’est bien le président Maduro. Le Venezuela est gouverné par les représentants de la corruption et du népotisme le plus abject. Malgré une participation historique de 78,3 %, l’élection de 112 députés et une majorité de 2,5 millions de votes, la partie sera difficile pour la majorité parlementaire élue par le peuple. Déjà, Maduro et ses comparses, au lieu d’en appeler à la réconciliation et à la conciliation en vue d’un meilleur avenir, sortent leur langage le plus belliqueux. La revanche, croyez-moi, ne viendra pas des nouveaux élus, mais plutôt d’un gouvernement qui n’accepte pas de perdre.  Impasse il y aura, et elle sera causée par ceux qui gouvernent, pas par les nouveaux parlementaires.

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Quelle est la place de l’Amérique latine dans les médias québécois ?

Posté par vmozo4328 le 11 janvier 2016

130410_338ij_mlarge_leprince_mozo_sn635Photo : Radio-Canada

L’émission « En direct du monde », de Radio-Canada, diffusée le jeudi 7 janvier dernier, m’a laissé pour ainsi dire un sentiment de tristesse et de frustration, de là le titre de mon article. « On a parlé de l’Amérique latine », me rétorquera-t-on. En effet, on a en a parlé, mais très, très peu à mon goût et au goût des Latino-américains qui vivent au Québec, j’en suis convaincu.

Le correspondant de l’Amérique latine, le journaliste bien connu Jean-Michel Leprince, arrivé en deuxième partie de l’émission, me donnait l’impression d’être là juste pour qu’on ne dise pas qu’on oublie l’Amérique latine. Dans un premier temps, M. Leprince a parlé presque exclusivement de Cuba, du reportage qu’il a réussi à faire sur Fidel Castro. Ma foi,  j’aurais dit qu’il en parlait tel l’enfant qui venait de rencontrer le père Noël. Il a aussi parlé de changements à Cuba et d’autres sujets dont on traite toujours à propos de Cuba. Par contre, pas un mot sur la crise des réfugiés cubains en Amérique centrale, qui fuient l’île malgré lesdits changements. Mais laissons cela pour une autre fois.  Dans un deuxième temps, répondant à une question de la journaliste et modératrice Céline Galipeau,  il a parlé très brièvement du Brésil, même pas une minute, et il a eu à peine quelques secondes pour rajouter un mot sur le Venezuela. Enfin, merci à cette jeune demoiselle qui lui a posé une question sur le Mexique, sinon… En tout et pour tout, on a parlé de l’Amérique latine même pas sept minutes. Enfin,  j’avais l’impression que Radio-Canada voulait boucher un trou.

Je me demande parfois si, pour les médias, le Canada fait partie de l’Amérique. Ou alors, s’ils considèrent que l’Amérique, ce ne sont que les États-Unis. Les trois quarts de l’émission de jeudi dernier ont été consacrés aux États-Unis, à la Russie, à la Chine, au Moyen-Orient,  à la crise des réfugiés syriens ainsi qu’aux conflits en Syrie et en Ukraine. Et pourtant, bien des choses se sont passées au Mexique, en Colombie, au Venezuela, en Haïti, en Argentine, pas qu’à Cuba, des choses qui méritaient notre attention en tant que téléspectateurs.  Vous direz que c’est le Latino-américain qui parle. Eh bien oui. Combien sommes-nous au Québec ? Je dirais quelque dizaines de milliers. J’aimerais  beaucoup que nos compatriotes d’origine québécoise apprennent de nous autre chose que le folklore.

L’Amérique latine, c’est aussi l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord avec le Mexique, les Antilles, Cuba, Porto Rico, la République dominicaine et Haïti.

Une fois de temps en temps, surtout au moment des grandes catastrophes, nous pouvons lire quelque chose dans les journaux québécois. Sinon, ce sont des journalistes des agences de presse françaises ou autres qui nous parlent de l’Amérique latine, exception faite peut-être de François Brousseau qui nous rend compte des événements importants à la radio de Radio-Canada. Est-ce normal ? Est-ce une tendance en Amérique du Nord ? Heureusement que TV5 Monde existe ! On y traite de l’Amérique latine presque tous les jours dans les bulletins de nouvelles. On rétorquera peut-être que Radio-Canada a subi de sévères coupures budgétaires. Quand même ! L’Amérique latine mérite bien une chronique hebdomadaire ou, à tout le moins, toutes les deux semaines.

N’étant pas journaliste ni écrivain, je dois quand même remercier la presse québécoise de m’avoir permis de m’exprimer de temps en temps, mais mon sujet principal est toujours Cuba. Il me ferait plaisir de lire un peu plus souvent, et de façon impartiale, le compte rendu de journalistes d’ici sur les enjeux et les problèmes de l’Amérique latine. Mais jusqu’à présent, il me semble que cela soit un rêve inaccessible.

Pour finir, j’ai également constaté, avec tristesse, qu’on avait très peu parlé de l’Afrique, une minute 30 secondes pour être plus exact. Pourtant, c’est un continent en plein bouleversement. Pas un mot sur les crimes commis par Boko Haram, pas un mot sur l’attentat au Mali en novembre dernier. Encore une fois, bravo à TV5 Monde qui dédie un téléjournal quotidien à ce continent.

Nous, les Latino-Américains, serons-nous donc mieux compris un jour au Québec ? Finirons-nous un jour par faire partie de l’Amérique ? Écrire sur l’Amérique latine serait un plus pour le Québec. Combien de lecteurs, parmi ces Latino-américains qui ont pris racine en terre québécoise, pourraient s’attirer les journaux d’ici ? Ce serait en même temps une belle façon de dire aux Québécois d’origine latino-américaine : « Nous savons que vous êtes là et vos problèmes nous intéressent aussi. » En retour, eux s’intéresseraient plus au fait français ici, croyez-moi.

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