Fascisme à la cubaine

Posté par vmozo4328 le 12 novembre 2009

                      brigadasfascistas06.jpgBrigades de réponse rapide

Par Luis Tornés Aguililla (Laon, France)

« Les pauvres diables » ne sont pas les personnes qui, depuis presque un mois, se trouvent cernées et harcelées par les services répressifs du gouvernement cubain à l’intérieur du domicile de Vladimiro Roca à La Havane, mais bien la faune d’individus mobilisés par le régime castriste pour lancer des œufs contre la maison de Roca devenue le défouloir où il est de bon ton d’aller crier des obscénités à tue-tête. 

Dans ces perverses expressions du fascisme cubain, dont les origines se nichent bien avant 1959, les autorités cubaines n’hésitent pas à permettre la présence d’enfants manipulés et emmenés par des adultes qui profèrent des grossièretés. Nous avons pris la peine de traduire en français, en anglais et en allemand les matériaux audio qui nous sont parvenus grâce à Internet, ce qui permettra au monde démocratique de connaître en live ce qui se passe à La Havane… 

Ces gens, qui sont pour l’heure dignes de pitié – et de pardon lorsque le changement politique majeur surviendra à Cuba –, sont des personnes sans instruction civique qui se placent du côté du manche par facilité et ignorance, dans cette île où il semble bien plus simple d'être l’ami de celui qui réprime, embastille et, le cas échéant, tue. 

Le véritable responsable de ces gestes politiques de type fasciste est Raúl Castro, avec sa bande de complices, car ayant besoin de prêter systématiquement une attention particulière à ces événements visibles hors de Cuba, il les autorise et les contrôle du début à la fin. 

Cependant, l’action symbolique de Vladimiro Roca et ses compagnons, enfermés volontaires, a pour le moins le mérite d’exister en tant qu’exemple pour le bon peuple innocent, mais aussi pour les pauvres diables manipulés. 

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Passage à tabac

Posté par vmozo4328 le 7 novembre 2009

                                                           yoanisancheztime.jpg

Yoani Sanchez, probablement la blogueuse la plus connue au monde, a été appréhendée hier et tabassée par des policiers. À Cuba, on le sait, les représentants de l'ordre ne font pas dans la dentelle quand il s'agit de réprimer la dissidence. Mais ce ne sont que des lâches ! Des lâches avec un grand L. Ils ne faisaient pas face à des terroristes mais à de simples citoyens qui réclamaient des droits civils. 

Yoani voulait tout simplement s'unir à une manifestation contre la violence, mais cette même violence l'a rattrapée bien avant qu'elle ait pu rejoindre les manifestants.  Elle fut interpellée, avec trois amis qui l'accompagnaient, par trois policiers très costauds, d'après sa description.  Pas question de mandat, pas question non plus de s'identifier. Un seul ordre : « Yoani, entre dans l'auto. » Devant le refus de celle-ci et de ses amis, une pluie d'insultes, de grossièretés et de coups s'ensuivit. « Tu n'iras pas plus loin, Yoani. » « Tu as fini de faire le clown », lui ont crié ses bourreaux. Quand des passants ont voulu intervenir, les policiers leur ont crié qu'ils étaient des contre-révolutionnaires. Ils ont prononcé le mot magique pour que la panique et la paralysie s'installent et que les gens se taisent. 

Le passage à tabac a dû l'être en bonne et due forme puisque l'un des tortionnaires a lancé l'ordre de laisser respirer Yoani. Finalement, elle et ses amis furent transportés et abandonnés loin de leurs domiciles. Non, ils n'ont pas été incarcérés, mais on cherche à les faire plier, à leur faire lâcher prise. Je crois qu'ils connaissent mal Yoani. 

Alors, Cuba est-il toujours le paradis rêvé ? 

Si je ne me trompe, il y aura un jour de plus en plus de Yoani, de Claudia, d'Orlando qui protesteront et exigeront qu'on respecte leurs droits. Oui à la liberté d'opinion, oui au libre accès à Internet, oui à la liberté de voyager, oui à la liberté d'association, oui à la libération des prisonniers politiques, oui à la pleine liberté pour tous les Cubains. Il y a de quoi à être fier de toi, Yoani ! Ça prend des gens comme toi pour nous redonner espoir. 

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La ville des églises

Posté par vmozo4328 le 6 novembre 2009

                      sanjuandedios.jpgÉglise de San Juan de Dios

J'aimerais parler de Montréal où on trouve des églises quasiment à tous les coins de rue. Même si je n'y habite pas, Montréal est devenue « ma ville ». Dans un temps pas très lointain encore, j'allais y travailler tous les jours. Alors, pendant les pauses, je m'y promenais et le son des cloches d'une église parvenait parfois à mes oreilles. Mais de quelle église cela venait-il ? Seulement autour de mon lieu de travail, il y en avait trois et si je m'aventurais un peu plus loin, je pouvais apercevoir le clocher d'une quatrième.

                      altarsanjuandedios.jpgAutel San Juan de Dios

Montréal et ses églises s’enracinent tranquillement en moi,  laissant un souvenir pour l'avenir et me rappelant un passé, celui de ma ville, Camagüey, qui m'a vu naître il y a presque 60 ans et qu'on appelle, comme Montréal, la ville des églises. (En fait, on disait de Montréal que c'était la ville aux cent clochers)  Dans ma ville natale, on pouvait entendre sonner en même temps les cloches de plusieurs églises appelant à la messe le dimanche matin. Je me souviens, n'étant alors qu'un petit enfant,  des cloches de la cathédrale, à cinq minutes de marche de chez moi, et des cloches de l'église de Saint-Jean-de- Dieu, encore plus près, laquelle communiquait autrefois avec un hôpital pour enfants, qui servait aussi de couvent à des carmélites et qui était dirigé par une vieille dame d'origine espagnole, toujours vêtue de noir. Je me souviens de deux religieuses, sœur Maxima, qui avait provoqué mes cris après m'avoir fait une piqûre de pénicilline, et sœur Teresa Maria, avec ses yeux bleus et son visage d'ange, qui me souriait toujours.

                                                                    catedraldecamaguey.jpgCathédral de Camagüey

Oui, je marche dans les rues de Montréal et je pense à ma ville, plus petite certes, mais pour moi grande et belle. Je parcours mentalement ses rues et ses innombrables ruelles, et je passe, chemin faisant, devant l'église de Las Mercedes,  là où convergent les rues Estrada Palma, Independencia et Cisneros. Je continue ma marche,  et juste à deux pas, se trouve l'église de La Soledad entre les rues Estrada Palma et República.  Ces deux dernières d'architecture baroque. Sauf dans deux églises d'architecture gothique,  San José et Sagrado Corazón, le baroque s'impose dans les églises de ma ville. 

                                    iglesiadelasoledad.jpgÉglise de la Soledad

 

Oui, à Camagüey, en un rien de temps on peut passer devant les dix églises les plus grandes de la ville. Il suffit de quitter la cathédrale par sa porte principale pour se retrouver face à la rue qui mène à l'église del Santo Cristo del Buen Viaje, à l'entrée du cimetière. Si on sort par la porte latérale de la rue Luaces, à trois coins de rue, se trouve le Sagrado Corazón et si on décide d’emprunter la rue Cisneros, toujours par la porte principale, celle-ci nous mènera à l'église de La Caridad. Et pour finir dans ce secteur, après être passé par d'autres rues étroites, calquées peut-être un peu sur celles de Séville, on arrive à l'église Santa Ana, possiblement la plus ancienne de ma ville. Je n’oublierai pas de mentionner l’église Del Carmen, autour de laquelle de petites ruelles s’entrecroisent.  Si je me force un peu, car c’est la plus éloignée, en empruntant la rue República, j'arrive à l'église San José, gothique, plus moderne, située sur La Avenida de los Mártires, près d'une école secondaire, autrefois l'ancien collège des Frères Maristes. 

Oui, passer devant ces églises à Montréal me rappelle sans cesse ma ville.  Comment l'oublier ! Derrière la plupart des églises de ma ville, il y a des siècles d’histoire. Ce n’est pas pour rien que Camagüey a été déclarée patrimoine de l’humanité. Il me semble que je sens encore l'odeur de l'encens et du bois précieux des sacristies. Je sens aussi que je suis Cubain, même si des gens malintentionnés m'ont déjà dit en public que je ne le suis plus. Comment pourrais-je cesser de l’être ?  

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L’embargo cubain se danse à deux

Posté par vmozo4328 le 3 novembre 2009

                                         onu.jpg

Mercredi dernier, le 28 octobre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies a condamné par une écrasante majorité l'embargo commercial imposé par les États-Unis à Cuba. C'était la 19e année consécutive que l'ONU prenait cette mesure pour ainsi dire symbolique.  La mesure, encore applaudie lors d'un vote de 187 voix contre trois, ne laisse pas de doute, il faut enlever l'embargo, et au plus sacrant ! Quarante et quelques années plus tard, ça n'a aucun sens. Par contre, il faut ajouter que l'embargo, imposé en 1962, est très loin de ce qu'il était dans les années 60. À l'heure d'écrire ces lignes, si je me fie à certaines sources très sûres, les États-Unis ont exporté à Cuba pour 717 millions de dollars en produits agricoles, médicaux et d'aide humanitaire, pour parler seulement de l'année 2008. Après l'arrivée de Barak Obama à la présidence des États-Unis, son administration a posé certains gestes comme la levée des restrictions concernant l'envoi d'argent à Cuba, l'autorisation pour les Cubano-américains d'aller à Cuba, ainsi que la reprise du dialogue concernant l'immigration, pour ne citer que ceux-là. Déjà, pendant l'administration Bush, les États-Unis avaient commencé à commercer avec l'île. 

On n'est plus à l'époque de la guerre froide et ce principe est valable pour les deux gouvernements. Autant l'administration américaine a le devoir d'enlever l'embargo économique qu'il impose à Cuba, autant le gouvernement cubain a le devoir d'enlever l'embargo qu'il impose, lui, aux Cubains depuis des décennies : sur la pensée, sur toute critique contre le régime, sur tout ce qui peut mettre en doute la réussite d'une révolution qui, à l'époque de la manne soviétique, se fichait bien de l'embargo américain. La fin de l'embargo viendra le jour où ces deux gouvernements finiront par accorder leurs violons. L'embargo, c'est une danse qu'il faut danser à deux et on en entend déjà la musique. 

 

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