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Castro a dit

Posté par vmozo4328 le 27 octobre 2009

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Seuls les fous et les maniaques peuvent croire qu’ils détiennent le monopole de la vérité.

Discours de clôture du XIIe Congrès de la C.T.C. , 29 août 1966

À l’avenir nous devrons nous libérer de l’argent, des cartes de rationnement et de tout.

Le jour viendra, Messieurs, où comme résultat de l’augmentation de la production, l’argent ne vaudra plus rien. Bien sûr, depuis notre naissance, on nous a appris à priser l’argent… L’homme apprend de très bonne heure à priser cette chose que l’on appelle de l’argent, qui est un intermédiaire entre l’homme et ce qu’il produit.

L’argent est un intermédiaire… C’est un vil intermédiaire entre l’homme et les biens créés par l’homme. Le jour viendra où celui qui cultive des pommes de terre et donne des pommes et donne des pommes de terre, ne recevra rien, et, alors, il ira chercher le café, le riz, le sucre, les vêtements, les chaussures et les choses dont il a besoin. Et nous aurons supprimé ce vil intermédiaire qu’est l’argent. Et c’est cela le communisme, Messieurs…

Dans la société socialiste le facteur qui détermine les prix doit être différent, non pas coût, mais la fonction sociale de chaque marchandise que l’homme est capable de produire.

Il est clair que nous ne luttons pas dans le domaine de l’économie, mus simplement pour l’idée d’être plus riches… Pour nous, la lutte pour développer l’économie et obtenir des réussites économiques fait partie de l’idéologie.

Discours prononcé le 18 mai 1967, clotûre du congrès de l’ANAP, (Association nationale de petits agriculteurs).

Du livre Citations de Fidel Castro, Henri de La Vega et Raphael Sorin . Éditions du Seuil, 1968

Publié dans Amérique latine, Cuba, Politique | 2 Commentaires »

La patrie, le socialisme ou la mort

Posté par vmozo4328 le 24 octobre 2009

                             joelsaget.jpgPhoto AFP/Joel Saget

J’ai toujours détesté les slogans, surtout les slogans politiques, encore plus ceux qui mettent la mort dans la balance. Je les déteste entre autres parce qu’ils sortent toujours de la bouche de personnes qui incitent au sacrifice sans trop se sacrifier elles-mêmes. Je déteste ce slogan : « La patrie, le socialisme ou la mort ! », tout comme celui qu’on m’obligeait à gueuler : « La patrie ou la mort ! » C’est Castro qui l’avait lancé le premier, dans un de ses innombrables et interminables discours.  

Que de fois, à une époque, j’ai dû répéter : « La patrie ou la mort ! » De cette patrie et de cette mort dépendait mon sommeil, un sommeil très court, à peine quatre ou cinq heures certaines nuits. À une époque, pour paraphraser la chanson d’Aznavour, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. 

En cet été de 1966, la plus part du temps, au contraire de mes nuits, les journées étaient longues et pluvieuses, à Camagüey, province de Cuba. Vêtus du même uniforme gris et bleu, trempé de la veille et après un déjeuner plus que frugal, il fallait former les rangs, puis, d’un pas militaire, marcher vers les champs de canne à sucre. On partait dans la noirceur et, arrivés au champ, on devait attendre debout, quelquefois au garde à vous, que le soleil se pointe pour se mettre au travail. Et durant cette attente, on endurait les hordes de moustiques qui se faufilaient dans nos uniformes par le moindre petit trou. Puis, venaient les cris, les ordres, les injures, l’humiliation. Ensuite le travail commençait. On nettoyait les champs de canne à sucre, cette plante svelte, qui donne un nectar si bon, mais dont les feuilles coupent comme des couteaux. 

Une fois la noirceur et les moustiques de retour, le travail s’arrêtait. On revenait au campement comme on était partis, au pas de marche. Nous avions la mine basse, nous étions harassés et un sentiment d’impuissance nous rongeait de l’intérieur. « 1! 2! 3! 4! », lançait le sergent. Combien d’heures s’étaient écoulées depuis le matin ? 12 ? 14 ? 16 ? 

Au camp, s’il y avait de l’eau, on pouvait se laver, sinon tant pis, on gardait notre uniforme sale et trempé. Après, on nous donnait à manger : du plantain vert bouilli et quelques sardines en conserve, rien de plus.  Puis, à l’heure où on aurait mérité d’aller se reposer, un sergent, Segundo, un pauvre paysan, nous faisait la lecture de textes politiques. Un autre, qui savait à peine lire, nous donnait des cours « d’éducation » politique, le but étant de convertir le vieil homme de l’ancien système qui sévissait en nous en homme nouveau de la révolution. 

Et la vie, comme l’heure qu’on essayait de savoir, n’arrêtait pas de tourner. Nous étions exténués, mais il manquait encore le sacrifice sublime, le cri de guerre. 1, 2, 3, 4… et il fallait marcher encore, comme des soldats à l’entraînement. On faisait ainsi le tour du campement je ne sais combien de fois. Le sergent continuait à cracher ses ordres : « Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche !» jusqu’au moment où arrivait le : « Compagnie halte ! » 

Notre tortionnaire vivait alors son moment de gloire : il avait le pouvoir de nous envoyer enfin dormir ou de nous retenir encore un peu. De sa voix triomphale, il entonnait : « Rompez ! » Et nous, au garde à vous, de crier : « La patrie ou la mort ! » Et le sergent de répondre : « Je n’ai rien entendu ! Rompez ! » Et 120 voix de hurler une nouvelle fois : « La patrie ou la mort ! » Mais le sergent n’avait toujours pas entendu. Et cela recommençait, cinq, six, sept fois, jusqu’au moment où, satisfait de notre soumission, il lançait un dernier ordre : « Rompez les rangs ! » 

Au début de la révolution, Castro finissait toujours ses discours par : « La patrie ou la mort ! » Plus tard, il a changé pour : « Le socialisme ou la mort ! » Aujourd’hui, au Venezuela, on crie : « La patrie, le socialisme ou la mort ! » Nous voilà revenus à l’époque des gladiateurs : « Ave Cæsar, morituri te salutant ». Pourquoi ce culte à la mort de la part de ceux qui ne veulent certainement pas mourir ? 

Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Je n’avais que 16 ans, on m’avait donné le numéro 28 et je ne souhaitais pas la mort, moi, je souhaitais la vie ! 

 Victor Mozo ©

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Art révolutionnaire

Posté par vmozo4328 le 19 octobre 2009

                                                                    granmadiario766855.jpg 

Loin de moi l’idée d’écrire un texte scatologique, mais quand j’ai vu ces photos, je ne pouvais pas laisser passer une si belle occasion d’écrire quelques lignes. Envelopper une toilette avec du papier journal, celui sur lequel est imprimé le très officiel journal cubain Granma, ce n’est pas n’importe quoi ! 

Je salue le courage et l’initiative de celui ou celle qui a eu cette merveilleuse idée, car voyez vous, amis lecteurs et lectrices, quand on pense à quoi sert et a servi ce « prestigieux » journal, l’idée de l’associer avec un bol de toilette ne peut pas être une simple coïncidence. Papier cul par excellence dans un pays ou le vrai papier hygiénique n’existe quasiment pas, le journal Granma n’a pas servi qu’à nous informer de ce que le Parti voulait bien qu’on sache… même si cela peut paraître bizarre dans notre société capitaliste si portée sur l’hygiène. 

Les photos m’ont ramené quelques années en arrière, un jour d’été où je me trouvais chez un bon copain à Camagüey, ma ville natale. On était en train de bavarder quand soudainement sa fille, âgée d’environ 8 ans, était venue le gronder parce qu’elle avait trouvé une page du Granma dans la salle de bains. L’affaire aurait pu être cocasse mais, oh sacrilège, sur la page en question apparaissait une photo de Fidel Castro. La petite paniquait, criait, même. Pas question de se torcher le cul avec l’image de Fidel.  C’était la catastrophe ! Il fallait trouver solution au problème.                                                                               toilettegranma.jpg

Finalement il n’y a pas eu mort d’homme. Après une courte explication et quelques pirouettes verbales pour dévier son attention, l’affaire était close. Cependant, on avait appris que « Big Brother » nous surveillait de très près jusque dans la salle de bains.  Alors, chapeau aux créateurs et créatrices de cette merveilleuse œuvre d’art.

Le journal Granma, organe officiel du Parti communiste de Cuba, a enfin trouvé sa juste place.

©Victor Mozo

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Parole de poète

Posté par vmozo4328 le 16 octobre 2009

                                                                 livrerrivero.jpg                                        

« J’ai la certitude que c’est la poésie qui, jouant le rôle qu’elle a toujours joué dans toutes las circonstances de ma vie, a été ma première complice dans ma tentative complexe et légèrement suicidaire de trouver la vérité dans cette Cuba embrasée et menacée de notre fin de siècle. » Cela a été écrit en 1996 par le poète et journaliste Raúl Rivero dans l’introduction de son livre Signé à La Havane , publié par les Éditions La Découverte,  à Paris, en 1998.   Rivero ajoute : « Ces textes,  je les ai écrits en sortant d’un effondrement et, de ce fait, on peut y entendre çà et là l’écho de la catastrophe et la note intime de verre brisé ou d’amour qui est aussi une réponse à la tourmente.  » Voici un de ses poèmes. (Voir mes invités)

Je suis un fauteur de tachycardie.

Quelqu’un qui ne veut pas partir

quelqu’un qui ne veut pas rester.

 

Quelqu’un que l’on reçoit avec joie le premier soir

avec réticence le deuxième

et qu’on expulse le troisième.

 

Je suis un personnage triste qui pleure sur le papier    

ou sur une épaule de passage.

 

Je suis un désastre comme mon passé

un mauvais rêve comme mon avenir

et une catastrophe comme mon présent.

 

Comme vous voyez, je suis un poète

qui cristallise en lui la débâcle de son époque

celle de son pays et celle de sa vie.

 

Alors pardonnez-moi

si mes rêves sont pleins de traques policières

et d’amis emprisonnés.

 

Pardonnez les cauchemars où je fuis

en volant avec la légèreté d’une centrale sucrière

déguisé en épouvantail à moineaux et en enfant

en spadassin et en cathédrale.

 

Admirez que pour assumer le monde où je vis

j’empoigne seulement cette plume.

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