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L’autre mur

Posté par vmozo4328 le 27 novembre 2009

                          repudio2.jpgPhotos AP, Getty

Comme l’écrivait Yoani Sánchez dans l’avant-dernier article de son blogue, le fantôme de 1980 parcourt Cuba à nouveau. Pour ceux qui l’ignorent, lorsque les événements du Mariel ont eu lieu, en 1980, des groupes bien organisés, commandés par le gouvernement, s’attaquèrent à de simples citoyens en leur disant toutes sortes de grossièretés, en les agressant physiquement, en leur lançant des œufs et des pierres, en les bousculant, en criant devant leur maison jour et nuit. On les traitait de vermines et de traîtres. Tout cela parce que ces gens voulaient quitter le pays. Du jour au lendemain, ils devenaient les parias de cette société pour laquelle ils avaient travaillé et s’étaient sacrifiés, mais qui les avait profondément déçus. J’ai vu, de mes yeux vu, ces lynchages dignes de la Nuit de cristal ou de la mal nommée Révolution culturelle de Mao. 

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Ces jours-ci, l’histoire se répète et c’est le mari de Yoani Sánchez, le journaliste indépendant Reinaldo Escobar,  qui en fait les frais. Regardez bien les photos, une image vaut mille mots. Retenez également que ceux qui hurlent des invectives seront aussi les premiers à fuir Cuba pour aller vivre aux États-Unis dès qu’ils en auront l’occasion. Alors, de tortionnaires de la rue, ils se transformeront, eux aussi, en victimes. Dans le beau pays de Castro, la rue est à Fidel, comme le crie la racaille à sa solde. Personne n’a le droit d’être en désaccord avec le diktat révolutionnaire. Mais attention, 50 ans plus tard, ces cris commencent à sonner faux, ça sent le désespoir. 

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Compatriotes cubains, le mur de Berlin est tombé il y a 20 ans, mais à Cuba, un mur de la honte s’élève depuis 50 ans malgré nous. Il divise nos familles et surtout, il empêche tout dialogue. Tombera-t-il un jour ? 

Publié dans Amérique latine, Cuba, Politique | 3 Commentaires »

Un peu de poésie: Gastón Baquero

Posté par vmozo4328 le 26 novembre 2009

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LORSQUE JE SENS MON FANTÔME FUTUR 

 Lorsque je sens mon  fantôme futur

sous le déguisement de ce corps où je loge,

je ne sais jamais trop si je vis ou je meurs

et si je suis une ombre ou si corps j’ai été.

 

Je marche dans la ville, je la reconstruis

jour après jour, lorsque je la contemple en vain;

et puis je la reperds, et me voilà qui fuis

en protégeant ma rêverie avec ma main.

 

Je me heurte à moi-même et je me reconnais

tout rempli par la mort et tout d’ombre bâti;

je ne suis plus, je sais, j’interroge et n’obtiens

 

rien d’autre que de savoir que je ne sais rien

de ce mort à venir qu’aujourd’hui je conduis

sous le déguisement de ce corps où je loge.

(Poèmes 1942)

Poème extrait du livre Poésie cubaine du XXe siècle (1997)

Traduction de Claude Couffon

 

Publié dans Cuba, Poésie | Pas de Commentaire »

Castro a dit (2)

Posté par vmozo4328 le 25 novembre 2009

                                   marabu.jpgMarabú

… Cuba est d’abord un pays agricole. Sa population est en majorité rurale. Nos villes sont tributaires de nos campagnes. L’indépendance fut l’œuvre de la campagne (…) La grandeur et la prospérité du pays sont liées à la santé et à la vigueur des paysans qui aiment la terre et qui savent la cultiver, à condition d’être encadrés par un État capable de les guider et de les protéger. À la lumière de tout cela, comment l’état de fait actuel peut-il continuer à être toléré ?

… Un gouvernement révolutionnaire commencerait par distribuer à cent mille petits fermiers les terres dont ils étaient les locataires et s’attaquerait ensuite au programme agraire établissant selon la Constitution l’étendue maxima à attribuer à chaque type d’entreprise agricole, expropriant, récupérant les terres volées à l’État, asséchant les marais, plantant de grandes pépinières et reboisant les forêts. Un gouvernement révolutionnaire envisagerait plus tard de distribuer le restant des terres aux familles paysannes, donnant priorité à celles qui sont plus nombreuses; il organiserait ensuite des coopératives agricoles et d’élevage sous la direction commune d’un groupe de techniciens et d’experts. Ces coopératives offriraient l’avantage de l’utilisation en commun des machines-outils trop coûteuses et des chambres froides. Nous nous proposons enfin d’offrir aux paysans tout l’aide morale et matérielle indispensable. (L’histoire m’acquittera, 16 octobre 1953)

Notre expérience personnelle de la réforme agraire que nous avons appliquée à Cuba différemment de tous les modèles classiques et traditionnels, quand nous avons transformé en propriétaire le paysan qui était fermier ou exploitant, mais sans pour autant morceler les latifundia et créer des minifundia, préservant au contraire ces terres en leur appliquant le même statut que celui d’une usine, et en les considérant comme des grands centres de production agricole. Si nous n’avions pas agi de cette façon – dans un pays comme le nôtre qui dépend et dépendra de l’agriculture pour la solution de ses problèmes fondamentaux, et comme atout principal des ressources pour son développement – les vastes plans que nous poursuivons et qui feront augmenter de façon impressionnante notre production agricole, n’auraient pas été applicables.

Heureusement, nous n’avons pas copié en ce qui concerne la réforme agraire. Et nous considérons toujours celle-ci comme une grande réussite, comme le fait d’avoir évité une grave erreur qui aurait pu être commise. (Discours du 1er mai 1966. ) *

*Actuellement, 60 % des terres cultivables à Cuba sont à l’abandon et infestées par le « marabú », une plante qui porte atteinte au sol, aussi bien pour l’agriculture que pour l’élevage. La production agricole a chuté en moyenne de 7,3 % au cours du premier semestre de 2009 para rapport au 2008. En 2008, les importantions  de 80 % des aliments de base ont coûté 1,85 milliard d’euros. Il faut ajouter qu’une partie importante est importée depuis les États-Unis. N’allez pas chercher ailleurs, le seul coupable est la mauvaise administration d’un gouvernement qui a toujours voulu tout contrôler.

Textes extraits du livre Citations de Fidel Castro de Henri de la Vega et Raphael Sorin Éditions du Seuil 1968

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Chemises rouges, brunes, noirs…

Posté par vmozo4328 le 21 novembre 2009

                                                chavezfascismo.jpgPhoto Tal Cual

Je ne déteste pas la couleur rouge. En fait, j’aime les couleurs vives. D’habitude, elles me rendent gai, mais elles peuvent aussi m’attrister, surtout quand elles me ramènent à un passé bien peu reluisant. Je veux parler des chemises rouges du « bolivarianisme ». 

Après une très triste époque, que je pensais révolue, nous voici à nouveau devant des faits qui me donnent la chair de poule : nous voici revenus au temps du populisme et du messianisme. Malheureusement, tous ces « ismes » ne peuvent que nous ramener au fascisme. Et ce n’est pas d’aujourd’hui que l’Amérique latine connaît le fascisme. Le Brésil, l’Argentine, le Pérou, l’Uruguay et le Chili l’ont vécu suite à différents coups d’État.  C’est la renaissance des chemises brunes et des chemises noires, seule la couleur change.                                                                          camisasrojitas.jpgPhoto Tal Cual

Au Venezuela, l’histoire se répète sous le faux nom de socialisme et on l’appelle déjà le social-fascisme. Bienvenues donc aux contradictions idéologiques, à la démagogie, au culte de la personnalité. Bienvenue aussi à un État militaire où règnent la répression et l’intimidation. Regardez attentivement les chemises rouges du nouveau socialisme, elles font peur. 

Il y a quelques décennies, c’était Hitler avec ses chemises brunes ainsi que Mussolini et ses chemises noires. En se disant du peuple et pour le peuple, ils ont semé la terreur et ont conduit à des guerres. Aujourd’hui, les nouveaux fascistes portent des chemises rouges et lèvent le bras gauche en signe de combat. Comme l’écrivait José Rafael Lopez Padrino dans un article publié dans le journal vénézuélien Tal Cual : « Sous le masque du socialisme du XXIe siècle, vient de ressusciter au Venezuela une espèce de perversion politique… »

Combien de gens paieront de leur vie cette nouvelle folie que personne ne veut voir et qui se manifeste sur notre propre continent ? Ici au Québec, personne n’en parle. L’Amérique latine ne compte pas pour beaucoup dans la cour des grands, semble-t-il. Tant et aussi longtemps qu’il y a de l’antiaméricanisme dans l’air, on est rassurés, tout est dit.

                                           camisasrojas.jpgPhoto Tal Cual

C’est dommage, une fois de plus, ceux et celles qui tournent le dos à l’histoire seront obligés de la revivre. Présentement, la cible, c’est la Colombie. Quel pays viendra après ? Il y a un fou au Venezuela et il faut prendre ça au sérieux. Son mentor et père spirituel se trouve à Cuba et s’appelle Fidel Castro. Grâce au Venezuela, le rêve du vieux dictateur de conquérir l’Amérique latine et de faire mordre la poussière aux Américains pourrait se réaliser, peu importe le coût en vies humaines. 

Au Venezuela, règne un fou portant chemise rouge. Qui osera lui mettre la camisole de force ? 

© Victor Mozo

Publié dans Amérique latine, Politique, Société | 4 Commentaires »

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