Un peu de poésie: Gastón Baquero

Posté par vmozo4328 le 26 novembre 2009

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LORSQUE JE SENS MON FANTÔME FUTUR 

 Lorsque je sens mon  fantôme futur

sous le déguisement de ce corps où je loge,

je ne sais jamais trop si je vis ou je meurs

et si je suis une ombre ou si corps j’ai été.

 

Je marche dans la ville, je la reconstruis

jour après jour, lorsque je la contemple en vain;

et puis je la reperds, et me voilà qui fuis

en protégeant ma rêverie avec ma main.

 

Je me heurte à moi-même et je me reconnais

tout rempli par la mort et tout d’ombre bâti;

je ne suis plus, je sais, j’interroge et n’obtiens

 

rien d’autre que de savoir que je ne sais rien

de ce mort à venir qu’aujourd’hui je conduis

sous le déguisement de ce corps où je loge.

(Poèmes 1942)

Poème extrait du livre Poésie cubaine du XXe siècle (1997)

Traduction de Claude Couffon

 

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