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Dictature à Honduras ?

Posté par vmozo4328 le 18 décembre 2009

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Récemment, le quotidien La Presse, de Montréal, parlait du Honduras. Je dois revenir sur un article que j’ai déjà écrit traitant du peu d’importance que les journaux québécois accordent à l’Amérique latine et faire amende honorable : mieux vaut tard que jamais. J’espère seulement que cette région du monde ne retombera pas dans les oubliettes jusqu’au prochain événement.

Cela dit, les articles de la journaliste Laura-Julie Perreault, publiés sous la rubrique « Le Honduras après le coup d’État » et parus dans l’édition du 12 décembre dernier, me laissent un peu perplexes. Avec tout le respect qu’elle mérite, elle me donne l’impression d’en connaître très peu sur les coups d’État en Amérique latine. Ses réflexions manquent de profondeur. Et pourtant, ce ne sont pas les sources qui manquent. 

Si, d’un coté, je condamne la façon dont M. Manuel Zelaya a été démis de ses fonctions, et surtout la façon cavalière avec laquelle il a été expulsé du pays, je me pose de sérieuses questions sur ce qui a fait qu’une grande majorité du gouvernement hondurien en soit arrivé là. Personne n’explore jamais ce côté des choses dans les journaux d’ici et c’est dommage, cela donnerait plus d’impartialité aux rares articles qui s’intéressent au sujet. 

Pour revenir sur un article de Mme Perreault en particulier, le titre « Le dernier souffle de Wendy » me semble très exagéré quand on connaît le contexte. Je suis désolé pour cette dame, mais de là à en faire une martyre… On parle aussi de morts, mais sans mentionner de chiffres. Il faut faire attention : je me souviens, en 1959, quand Castro est arrivé avec ses barbudos, on imputait 20 000 morts à la dictature de Batista quand en fait, toutes factions confondues, il n’y en avait même pas 1 000.  Un mort, dans ces conditions, c’est toujours un mort de trop, j’en conviens, mais il faut prendre garde de ne pas transformer les dizaines en centaines, ni les centaines en milliers ! Et au Honduras, on est très loin d’un coup d’État à la Pinochet au Chili, ou à la Videla en Argentine. 

La semaine dernière, il y a eu des élections au Honduras. Des élections dûment planifiées, avant même l’expulsion de Zelaya, et le peuple est allé voter malgré les appels de l’ancien président au boycottage. Il reste la question de l’amnistie, certes. Il reste aussi le fait que cela ne doit pas créer de précédent. 

Mais ne l’oublions pas, l’histoire de l’Amérique latine nous apprend que, dans plusieurs pays, ce sont les militaires portés au pouvoir par des coups d’État qui ont fini par appeler aux élections. Élections que le monde entier avait reconnues. Ce sont les plus anciennes et plus cruelles dictatures qui, après avoir accepté des plébiscites et des élections, ont permis à des pays comme le Chili, l’Uruguay et le Brésil de cheminer aujourd’hui en démocratie. Ce n’est même pas le cas au Honduras.   Alors, pourquoi devrait-on condamner les élections  dans ce pays si ailleurs on les avait approuvées ? Ce pauvre Honduras a besoin d’aide, pas d’exclusion ni d’embargo. 

Publié dans Amérique latine, Politique | 40 Commentaires »

 

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