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La vie à Cuba selon Yoani

Posté par vmozo4328 le 27 janvier 2010

Le Corralito*

La vie à Cuba selon Yoani dans Cuba obra_ailer_gonzalez

Chaque soir dans le cabaret d’un hôtel de luxe, un entrepreneur européen va de table en table avec une proposition insolite. Il s’approche des clients et leur demande de lui laisser payer l’addition, avec ces bons de couleur qu’il porte dans son portefeuille. En échange les clients lui donneront l’équivalent en pesos convertibles qu’il pourra ensuite convertir en dollars ou en euros pour les emporter très loin. Cet homme est une victime du « corralito » financier qui empêche de nombreux investisseurs étrangers de sortir leurs gains du territoire national. Pour qu’ils ne désespèrent pas de tout, les autorités cubaines leur permettent de payer ce qu’ils consomment sur l’ensemble du pays  avec des petits papiers dépourvus de valeur réelle.

Le drame des fonds gelés touche aujourd’hui de nombreux commerçants qui, après le vote de la loi sur les investissements étrangers de 1995, s’étaient déclarés prêts à intervenir sur notre scène économique. Ils bénéficiaient du privilège de gérer une entreprise, condition totalement interdite aux natifs de Cuba. Ils étaient devenus la nouvelle classe d’entrepreneurs dans un pays où l’Offensive Révolutionnaire de 1968 avait confisqué jusqu’aux sièges des cireurs de chaussures. Les plus values importantes qu’ils pouvaient réaliser en avaient fait une cible de choix pour les prostituées, les propriétaires de maisons à louer et les membres de la Sécurité Nationale. On en voyait beaucoup dans les restaurants les plus chers, où ils choisissaient des plats appétissants accompagnés de très jeunes femmes. D’autres, les moins nombreux, versaient des primes additionnelles à leurs employés en compensation des bas salaires en pesos cubains que leur payait l’entreprise d’Etat à qui était sous-traitée la main-d’œuvre.

Ces représentants d’une « avant-garde corporative » étaient disposés à perdre un peu de capital dès lors qu’ils se trouvaient –dès à présent- dans le scénario comparable à un gâteau qu’un jour ils se partageraient. Cependant, ceux qui avaient signé les contrats et partagé avec eux le champagne après l’accord, les considéraient seulement comme un mal nécessaire et provisoire, une déviance qui serait éradiquée à peine terminée la Période spéciale. Après toutes ces garanties et ces promesses, ils ont compris il y a quelques mois que les caisses étaient vides, à force d’entendre répéter  « nous ne pouvons pas vous payer ». Soudain ces entrepreneurs ont commencé à ressentir l’impuissance -et le cri bloqué en travers de la gorge- qui accable quotidiennement les cubains. Ils ne sont pourtant pas encore aussi démunis que nous face à la déprédation de l’Etat ; le passeport d’un autre pays leur permet de prendre l’avion et de tout oublier.

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

Note du traducteur : *« Corralito » ; nom donné au contingentement des retraits bancaires institué en décembre 2001 par le ministre argentin de l’Economie  Cavallo pendant la crise financière argentine de 2001-2002

Publié dans Cuba, Politique | 18 Commentaires »

De mal en pis

Posté par vmozo4328 le 27 janvier 2010

Un autre intéressant article d’Anna du blogue Le Venezuela vu de 7619 km

lundi 25 janvier 2010

52 ans de démocratie

De mal en pis dans Amérique latine c%C3%A9lebration+en+face+du+si%C3%A8ge+de+la+police+politique+(seguridad+nacional)
Il a 52 ans, le 23 janvier 1958, le dernier dictateur du Venezuela a fui le pays. Cette date a marqué la naissance de celle qui allait être l’une des démocraties les plus stables du continent pendant les décennies qui suivront. À ce moment-là, tous les acteurs de la société vénézuélienne se sont mis d’accord pour garantir la stabilité du pays et l’alternance de courants politiques. Dans les années qui ont suivi un système démocratique avec suffrage universel, séparation des pouvoirs et une grande liberté de la presse s’est établi dans notre pays. Le pays est devenu également le refuge des tous les persécutés des dictatures des autres pays d’Amérique Latine.

Aujourd’hui pour le 52ème anniversaire de notre démocratie je regarde avec désespoir comment la situation de mon pays se dégrade et sa démocratie s’affaiblit, comment on n’a pas les mêmes droits qu’il y a quelques années, et comment on s’autocensure pour ne pas suivre les attaques du gouvernement.

Samedi dernier 23 janvier 2010, le gouvernement de Chavez a atteint à nouveau contre la liberté d’expression en annonçant la fermeture définitive de RCTV, la chaîne de télévision la plus ancienne au Venezuela. Il y a deux ans, le gouvernement l’a interdit de transmettre en signal ouvert et elle a été contrainte de faire sa programmation seulement par cable. Maintenant, avec des excuses « légales », Chavez a obligé les compagnies de cable à faire disparaître la chaîne de leurs grilles sous menace de suspendre leur opérations.

Si aujourd’hui au Venezuela on ne vit pas encore dans une dictature ouverte, et que le gouvernement est obligé à déguiser l’autoritarisme en face de la communauté internationale, c’est parce que la démocratie fait partie de notre culture et de nos convictions. Je remercie les vénézuéliens qui se sont battus en 1958 pour la démocratie au Venezuela, lorsque dans d’autres pays de la région on faisait la révolution pour instaurer des nouvelles dictatures. J’espère que notre génération aura le même courage aujourd’hui pour défendre cette démocratie.

Publié dans Amérique latine, Société | 2 Commentaires »

 

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