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De mal en pis

Posté par vmozo4328 le 27 janvier 2010

Un autre intéressant article d’Anna du blogue Le Venezuela vu de 7619 km

lundi 25 janvier 2010

52 ans de démocratie

De mal en pis dans Amérique latine c%C3%A9lebration+en+face+du+si%C3%A8ge+de+la+police+politique+(seguridad+nacional)
Il a 52 ans, le 23 janvier 1958, le dernier dictateur du Venezuela a fui le pays. Cette date a marqué la naissance de celle qui allait être l’une des démocraties les plus stables du continent pendant les décennies qui suivront. À ce moment-là, tous les acteurs de la société vénézuélienne se sont mis d’accord pour garantir la stabilité du pays et l’alternance de courants politiques. Dans les années qui ont suivi un système démocratique avec suffrage universel, séparation des pouvoirs et une grande liberté de la presse s’est établi dans notre pays. Le pays est devenu également le refuge des tous les persécutés des dictatures des autres pays d’Amérique Latine.

Aujourd’hui pour le 52ème anniversaire de notre démocratie je regarde avec désespoir comment la situation de mon pays se dégrade et sa démocratie s’affaiblit, comment on n’a pas les mêmes droits qu’il y a quelques années, et comment on s’autocensure pour ne pas suivre les attaques du gouvernement.

Samedi dernier 23 janvier 2010, le gouvernement de Chavez a atteint à nouveau contre la liberté d’expression en annonçant la fermeture définitive de RCTV, la chaîne de télévision la plus ancienne au Venezuela. Il y a deux ans, le gouvernement l’a interdit de transmettre en signal ouvert et elle a été contrainte de faire sa programmation seulement par cable. Maintenant, avec des excuses « légales », Chavez a obligé les compagnies de cable à faire disparaître la chaîne de leurs grilles sous menace de suspendre leur opérations.

Si aujourd’hui au Venezuela on ne vit pas encore dans une dictature ouverte, et que le gouvernement est obligé à déguiser l’autoritarisme en face de la communauté internationale, c’est parce que la démocratie fait partie de notre culture et de nos convictions. Je remercie les vénézuéliens qui se sont battus en 1958 pour la démocratie au Venezuela, lorsque dans d’autres pays de la région on faisait la révolution pour instaurer des nouvelles dictatures. J’espère que notre génération aura le même courage aujourd’hui pour défendre cette démocratie.

Publié dans Amérique latine, Société | 2 Commentaires »

La relève selon le gérontocrate

Posté par vmozo4328 le 25 janvier 2010

joseramonmachadoventurav.jpgLe vice-président cubain José Ramón Machado Ventura (79 ans), membre de cette gérontocratie qui gouverne Cuba, deuxième en importance après Raúl Castro (79 ans), le plus stalinien du groupe, M. Machado Ventura, donc, - Machadito pour ses amis -, a affirmé, il y a peu, que la relève qui perpétuera la révolution cubaine est assurée. Selon lui, il existe parmi les jeunes un chantier à exploiter. Voici ce qu’il déclarait lors d’une assemblée des Jeunesses communistes cubaines : « Les dirigeants du futur sont partout, il y en a beaucoup qui remplissent les conditions requises, mais il faut aller à leur rencontre… Une révolution se renouvelle et ce sont les jeunes qui doivent remplir cette tâche fondamentale. Il y aura une relève, nous n’avons pas le moindre doute. »

Voilà que 51 ans plus tard, « une gang » de petits vieux à la poigne de fer, conservateurs jusqu’à la moelle, parlent de relève. Voulez-vous savoir qui fait partie de « cette gang » ? Je vais vous nommer quelques-uns de ses membres : Ramiro Valdés, ministre de l’Informatique et des Communications, 77 ans ; José Ramón Fernandez, vice-président du conseil exécutif du Conseil des ministres, 86 ans ; Julio Casas Regueiro, ministre des Forces armées, 74 ans ; Alvaro López Miera, chef de l’état-major des Forces armées, 78 ans. J’arrête, la liste serait un peu longue et je ne veux pas vous ennuyer. Sauf quelques exceptions, ils ont tous 70 ans et plus. 

Mais comment pourrait-il y avoir une relève à Cuba si, à chaque fois que quelqu’un essaie de mettre en marche la moindre réforme, il est écarté du pouvoir ? Souvenons-nous de Carlos Lage, vice-président (57 ans), de Felipe Pérez Roque, chancelier (43 ans), et de Fernando Ramírez, directeur des affaires internationales du Parti communiste cubain(56 ans), pour ne nommer que ceux-là. 

Ceux et celles qui comme moi ont les cheveux poivre et sel se souviennent probablement des gérontocrates de l’époque soviétique : ils voulaient tous garder le pouvoir, la relève ne les intéressait pas ; après nous, le déluge, se disaient-ils. Brejnev, Tchernenko, Andropov et tutti quanti, ils sont tombés les uns après les autres.

À qui penseront donc les gérontocrates cubains ? Oubliez les Jeunesses communistes dont les membres risquent de déchirer leur carte et de prendre le premier avion pour les États-Unis, ou de « succomber, eux aussi, aux délices du pouvoir », pour paraphraser Fidel. Pensez plutôt aux fils à papa. Oui, aux fils de Fidel, à ceux de Raúl. Ces enfants gâtés plus que loyaux qui n’ont jamais partagé la dure réalité du peuple, mais qui connaissent bien les rouages et les intrigues du Palais de la révolution.

antoniocastro2.jpgAntonio Castro

alexcastro.jpgAlex Castro

hijoderaul.jpgLe fils de Raúl Castro

0911marielacastro.jpgLa fille de Raúl Castro 

Regardez bien les photos que je vous montre. Ce sont les enfants Castro les plus en vue. Vous me direz après s’ils semblent faire partie du peuple ou s’ils n’ont pas plutôt l’air de vrais fils à papa. Ils savent que leur père et leur oncle ont beaucoup de pouvoir. Pensez-vous qu’ils se gênent quand ils veulent quelque chose ? Ils s’appellent tous Castro et cela leur suffit. Représentent-ils vraiment la relève dont rêve M. Machado ?

© Victor Mozo

Publié dans Amérique latine, Cuba, Politique | 8 Commentaires »

L’opinion de Yoani

Posté par vmozo4328 le 21 janvier 2010

Les fous et les fripons

L'opinion de Yoani dans Cuba mazorra_1959

Les fous sont proie facile des fripons qui leur crient dans la rue des phrases blessantes pour décupler leurs délires. Nous en avions un dans ma rue qui, avec deux bateaux en papier, passait des heures dans une régate qui n’arrivait nulle part. Sa mère le gardait calme à base de Benadryl* et de Valium. Tout sauf l’envoyer à l’entrepôt de la démence qu’est Mazorra, l’hôpital psychiatrique de la Havane.

Dans l’esprit de cette dame persistaient les images de ce qu’avait été cette clinique mentale de l’avenue Boyeros, avec sa terreur cumulée et son délabrement matériel. Les patients à moitié nus, les murs couverts d’excréments humains et le manque de supervision, étaient la scène des atrocités les pires. Les photos avaient été publiées dans les revues de cette année lointaine de 1959**. Ont suivi les reportages à la télé, où défilaient des draps propres, de la thérapie occupationnelle, et même des panneaux politiques qui changeaient la face de ce qui avait été l’horreur. Seulement que, comme je vous ai déjà dit, les fous sont proie facile des fripons.

À partir des années quatre-vingt-dix, et avec l’arrivée de la période spéciale, le détournement de ressources s’est acharné à Mazorra. Les voisins étaient bien approvisionnés par un marché noir de couvertures, de lait, d’aliments, de serviettes et de médicaments qui sortaient de l’hôpital. Ceux qui y étaient internés croyaient que cela faisait partie de leur maladie de voir, comme dans le film “Hantise”***, des ampoules disparaître chaque jour. Peu à peu, on leur a retiré l’indispensable, et personne n’a remarqué les fenêtres cassées, les WC bouchés et les lits aux pattes cassées. Cette fois-ci, il n’y avait pas de journaliste autorisé à faire le portrait de la misère.

La presse officielle n’a pourtant pas pu cacher la mort de 26 patients – il y en a qui affirment que le chiffre serait proche des 40 – d’hypothermie et de l’affaiblissement associé à l’abandon. Ils sont partis de cette vie au cours de quelques journées froides de janvier, se serrant corps contre corps sans pour autant réussir à éviter la fin. Les fripons, quant à eux, se sont construits des maisons avec les gains du vol en pensant que jamais personne ne détecterait leurs détournements. Aujourd’hui, on fait une enquête et on cherche des responsables. Tout cela au milieu d’un déploiement de police qui garde les curieux à l’écart. Aucune image n’a filtrée, mais je suis tourmentée par l’idée de combien ces patients, dans leur fragilité, sont arrivés à ressembler à ces visages des photographies du passé.

Notes de traduction :

*Diphénhydramine – médicament utilisée comme antihistaminique – plus guère utilisé contre les allergies à proprement parler à cause de la somnolence qu’il entraîne.

**Année du triomphe de la révolution cubaine.

*** Le film « Gaslight »,  (USA. 1944)  (titre original de Hantise) s’appelle « La lumière qui agonise » en espagnol.

Traduit par Susana GORDILLO et Pierre HABERER.

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Mourir de froid à La Havane

Posté par vmozo4328 le 16 janvier 2010

mendigosdelahabana.jpgMendiant à La Havane 

Au pays où la santé et l’éducation sont rois, 26 patients de l’hôpital psychiatrique de La Havane viennent de mourir de froid. Au pays où normalement le soleil brûle la peau, le thermomètre, au lieu de monter comme d’habitude, avait décidé de descendre brusquement. Au pays où ni les gens, ni les installations sont préparés à des chutes brusques de température, on avait registré jusqu’à 3 degrés Celsius. 

La nouvelle est tombée comme une bombe. Elle ne venait pas des agences officielles de presse mais des agences indépendantes, qualifiées tout le temps de dissidentes. Et elles avaient dit vrai. Le gouvernement l’a reconnu dans son très officiel journal Granma quelques jours plus tard. Donc, la catastrophe doit être encore plus grande. Je crois que ce n’est que la pointe de l’iceberg. 

26 malades mentaux viennent de mourir de froid. Pas dans les rues de Montréal ou de Moscou, mais à La Havane,  dans un hôpital qui est supposé être l’endroit par excellence pour donner refuge et protection. Semble-t-il qu’il n’y avait pas de couvertures et que les malades enduraient le vent froid qui s’engouffrait par les vitres cassées. Moi qui vis au Québec depuis 26 hivers, je peux vous dire ce que signifient 3 degrés. Ça prend des vêtements appropriés et de la nourriture chaude.

Il semble aussi que maintenant, tout d’un coup, les couvertures et la nourriture sont arrivées à l’hôpital. Personne auparavant n’avait jamais rien vu, ou entendu dire que les températures chuteraient et qu’il fallait protéger les patients les plus démunis. On dit que les coupables seront punis. Encore une fois on cherchera des boucs émissaires, mais les vrais coupables, le système et ses dirigeants, ne le seront jamais. Ce système dont les hôpitaux pour les hauts dirigeants et ceux destinés au tourisme de santé – où vont certains de mes concitoyens québécois -, ne manquent jamais de rien, la nourriture, les soins de santé excellents et le confort étant assurés. 

Le gouvernement cubain, celui-là même qui se targue d’avoir des médecins partout dans le monde, celui qui offre et construit des hôpitaux en Bolivie et ailleurs, ce gouvernement qui n’a strictement rien d’altruiste, car tout se fait en échange du dollar maudit et autres services, vient de laisser 26 patients mourir de froid. Jamais on n’avait vu à Cuba une tragédie semblable. 

Ceux et celles qui croient encore aux bienfaits de l’involution – car ce n’est plus une révolution -, ouvrez bien les yeux. À Cuba, ce pays dont un des slogans touristiques est « Gai comme son soleil », on peut aussi mourir de froid. 

© Victor Mozo

Publié dans Amérique latine, Cuba, Politique, Société | 31 Commentaires »

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