Se protéger selon Yoani

Posté par vmozo4328 le 15 février 2010

Protéger ce qui est à soi, voler ce qui est aux autres

Se protéger selon Yoani dans Cuba rejas-eng

La nuit, il surveille les plantations de malanga et le troupeau de moutons avec un fusil de fabrication maison. C’est l’œuvre d’un armurier improvisé qui a soudé un morceau de tuyau de petit diamètre à une chambre rustique de laquelle sort un percuteur irrégulier. Le bruit de raclement –dans le petit matin- de l’ingénieux engin suffit à faire partir en courant ceux qui prétendent voler la récolte. Lorsque la truie a mis bas, il appelle un de ses frères qui habite dans le village, et équipés de cet engin, inventé par nécessité, ils montent la garde jusqu’au lever du soleil.

Beaucoup de paysans utilisent des armes illégales, achetées ou fabriquées dans les circuits alternatifs. Sans elles le fruit de plusieurs mois de travail pourrait finir entre les mains des « prédateurs » de cultures, ombres furtives qui se déplacent dans l’obscurité. Les pénuries ont entraîné une augmentation des vols dans les campagnes cubaines, et obligé les villageois à protéger eux-mêmes leurs ressources. C’est pourquoi on assiste à une prolifération des chiens agressifs et des fusils artisanaux, en particulier dans les exploitations où il y a des vaches. La livre de viande de bœuf est vendue deux pesos convertibles sur un marché noir qui se nourrit du vol et de l’abattage illégal, ceci malgré les condamnations à de longues peines de prison dont sont passibles ces délits.

Pour les gardiens de leurs propres biens, l’ « annonce officielle » selon laquelle « de façon exceptionnelle et unique (…) les nationaux et les personnes en résidence légale sur cette île, ayant en leur possession des armes à feu sans permis correspondant, pourront obtenir l’inscription requise » a constitué une surprise. Chacun est cependant tacitement convaincu que quiconque annoncera publiquement posséder une arme se la verra confisquée en retour. Face à cette crainte bien peu confesseront qu’ils gardent le froid métal dans quelque coin de leur maison, et ils continueront à préférer prendre le risque d’être sans papiers à l’insécurité de rester sans protection. Ce qui est alarmant, c’est que ces instruments servent aussi à ceux qui, sans avoir de ferme ou d’animaux à protéger, guettent de l’autre côté de la clôture, prêts à tirer pour emporter ce qui appartient aux autres.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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