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Retour à Numance

Posté par vmozo4328 le 8 avril 2010

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Le dernier discours de Raúl Castro devant les jeunes, le 4 avril dernier, lors de la clôture du IXe Congrès de l’Union des jeunesses communistes, me rappelle les premiers discours de son frère Fidel quand ce dernier faisait souvent appel au sacrifice ultime : la mort. Quelque chose de grave doit se passer au sein des plus hautes sphères du gouvernement cubain pour que des phrases apocalyptiques réapparaissent soudainement. 51 ans plus tard, ce gouvernement est plus braqué et plus préoccupé que jamais. Il sait que la situation n’est plus la même qu’au début de la révolution, que l’euphorie et l’espoir d’un avenir radieux ne servent qu’à alimenter une épopée lointaine réservée aux livres d’histoire.

« Ce pays ne pliera jamais. Il préférerait plutôt disparaître, comme nous l’avons démontré en 1962. » Voilà ce que vient de dire le général Raúl Castro, en faisant allusion à la crise des missiles de 1962. Ses mots ne reflètent rien d’autre que le retour à Numance, ce qui équivaut au traditionnel cri de la patrie ou la mort. Posera-t-il la question aux onze millions de Cubains qui vivent dans l’île pour savoir s’ils veulent mourir ? Au lieu de chercher à établir un dialogue national, le général s’enferme dans une rhétorique vieille de 51 ans qui ne fonctionne plus. Les mots-clés de son discours sont « sacrifice », « sacrifice » et encore « sacrifice ». Le général pense-t-il vraiment que les Cubains veulent se sacrifier jusqu’à la mort ? Deux générations se sont déjà sacrifiées. Et les jeunes d’aujourd’hui pourront-ils laisser autre chose que du sacrifice à leurs enfants et petits-enfants ? Je ne le crois pas.

Par ailleurs, Monsieur Raúl, si on se fie aux dernières nouvelles, quelques-uns des vaillants commandants de votre gouvernement, qui autrefois luttaient contre la tyrannie et la corruption de Batista, trempent aujourd’hui dans toutes sortes de magouilles et s’enrichissent aux dépens du peuple qui, lui, se prive de tout. Rien de nouveau sous le soleil. Le général Ochoa, le héros fusillé il y a quelques années, soi-disant pour cause de corruption et de trahison envers la révolution, doit bien rire au fond de sa tombe.

Continuez à demander du sacrifice aux jeunes, Monsieur le général. Aujourd’hui, ils prennent bien note de vos demandes et demain, ils vous honniront. Demandez-leur la mort aujourd’hui, demain ils s’en souviendront. 51 ans de promesses non tenues, c’est beaucoup. L’homme ne vit pas que de sacrifices. L’heure est peut-être venue de dialoguer, de vous montrer plus tolérant et de cesser de voir l’ennemi en ceux et celles qui pensent différemment. Oserez-vous changer ?

©Victor Mozo

 

 

 

 

 

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