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La chance !

Posté par vmozo4328 le 17 décembre 2010

La chance ! dans Cuba suerte_popup

Titre à gauche: On reconnaît à Cuba un grand développement des valeurs humaines.

Titre à droite: Conseil des droits de l’homme. Des plaintes s’élèvent contre les États-Unis à Genève.
La vieille dame: Quelle chance!!

Publié dans Cuba, Humour politique, Société | 17 Commentaires »

Caricatures Omar Santana

Posté par vmozo4328 le 11 décembre 2010

Caricatura de Omar Santana
Caricatures Omar Santana dans Cuba omar_santana_casa_peq

J’ai entendu dire que le gouvernement va nous permettre de vendre nos maisons.

Avec cette première caricature, je donne la bienvenue au Cubain Omar Santana. J’ai toujours aimé la sensibilité de ses caricatures. Maintenant, je les partage avec vous.

Publié dans Cuba, Humour politique, Politique, Société | Pas de Commentaire »

Trois vies perdues

Posté par vmozo4328 le 1 décembre 2010

5esquinasbardelchino1.jpgÀ droite le bar del Chino 

Je me souviendrai toujours de trois hommes, comme je me souviendrai toujours d’une époque qui n’existera plus. C’était l’époque de mon enfance, celle qui sentait les bonbons, le caramel, les fruits frais. Nous n’étions pas riches, mais nous ne manquions de rien. Les nombreux vendeurs ambulants arpentaient les rues en annonçant à la criée les vertus et les arômes de leurs fruits et légumes. 

Le premier homme était un Noir, on le surnommait « el Chino », le Chinois. Son visage rappelait peut-être un ancêtre venu d’Asie pour travailler à Cuba et qui avait rencontré une femme noire, esclave ou pas, comment le savoir ? Le Chinois tenait boutique près de chez moi. C’était une sorte de bar-cafétéria. Si le Chinois vendait de l’alcool à certains habitués, son argent, il le gagnait vraiment en vendant des bonbons, des boissons gazeuses, des pâtisseries de toutes sortes ainsi que des laits frappés qu’il confectionnait avec des fruits tropicaux frais. 

C’était une affaire de famille. Sa femme, une grosse femme, avec qui il avait eu deux enfants, l’aidait. Il y avait aussi Generoso (Généreux), un homme aussi bon que son nom le laissait entendre, ainsi que d’autres cousins qui y travaillaient. Le Chinois était un homme heureux et bonasse. Il travaillait dur du matin jusqu’au soir pour faire éduquer ses enfants et vivre convenablement dans sa maison qui était située en face de son commerce et qu’il avait fait construire peu à peu. 

Le deuxième homme s’appelait Gerardo Carvajal. Carvajal, comme le Chinois, possédait un commerce, cette fois-ci un garage. Cela lui permettait de gagner sa vie honnêtement et de subvenir aux besoins de sa famille composée de deux enfants, de sa femme, une Américaine qui n’avait jamais renoncé à sa citoyenneté, et de sa belle-mère, américaine elle aussi. Tous vivaient dans une modeste mais assez grande maison, située dans un beau quartier, près du collège des Frères Maristes, où ses enfants étudiaient. Moi-même, j’avais pu étudier deux ans avant que le gouvernement soi-disant révolutionnaire ne confisque tout au nom du peuple, sans même lui demander son consentement.  

Le troisième homme, Rafael, avait trimé dur pendant sa jeunesse et son âge adulte. Malchanceux en affaires et père de quatre garçons, il avait fait mille et une pirouettes pour arriver à faire vivre sa famille, dans un quartier pauvre de la ville. Quelque part, il avait été un peu comme moi, « musicien, poète et fou », comme disait la chanson. Chanceux au moins une fois dans sa vie, il avait reçu un petit héritage et, du jour au lendemain, il avait pu agrandir sa maison, acheter des mobylettes à deux de ses fils, alors que le troisième faisait des études dans un bon collège à La Havane. Le cadet, lui, après quelques protestations, réussit à avoir son premier vélo. C’était le temps des cadeaux pour tout le monde et Rafael en était fier. L’avenir réservait une place de choix à ces trois hommes comme pour beaucoup d’autres à Cuba. Mais comme on dit si bien dans mon pays, « la joie chez le pauvre ne dure jamais longtemps ». 

Une dure époque de pénuries allait commencer bientôt, attribuable entre autres à un embargo imposé de l’extérieur et à un autre imposé de l’intérieur. Les trois hommes continuaient à lutter pour sauver ce qu’ils pouvaient, mais ce fut peine perdue. Un bon jour de 1968, un certain Fidel Castro, qui avait débarqué dans la vie de tous les Cubains, avait décidé de tout confisquer. Finies les moyennes et petites entreprises, l’État se chargerait de tout. En un rien de temps, des miliciens envahirent les commerces avec cette phrase à la bouche: « Cette entreprise est confisquée et maintenant, elle appartient à l’État» 

Après cela, le Chinois, l’homme bonasse de mon enfance, s’est enfermé comme une huître dans sa maison en face de son commerce. Je le voyais là, assis sur un fauteuil berçant, le regard perdu, gardant le silence, sans espoir, jusqu’à sa mort survenue quelque temps après. 

Carvajal s’était renfermé lui aussi. Quand je visitais l’ainé de ses fils, je le voyais aussi cloué à un fauteuil, silencieux. Il avait développé une crainte inimaginable de tout ce qui venait de l’extérieur et les fenêtres de sa maison, qui donnaient sur la belle avenue de Los Martires, toujours ouvertes autrefois, ne laissaient plus pénétrer le moindre rayon de soleil. Sa maison était devenue une sorte de tombe où lui et sa femme se mouraient à petit feu. 

Rafael s’était battu quelques années, mais il avait dû subir des humiliations de toutes sortes. Lui qui avait été propriétaire de son propre commerce, qui n’avait jamais volé qui que ce soit, tomba dans la dépression à son tour. Il survécut quand même quelques années au Chinois et à Carvajal, jusqu’à ce qu’un après-midi je le croise dans la rue. J’étais déjà marié et un enfant s’annonçait. Ce jour-là, posant sa main affectueusement sur mon épaule, Rafael me dit : « Tout va bien, Victor, tout va bien. » Quelques heures plus tard, il s’enlevait la vie. Rafael était mon père. 

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